Relançons l’aménagement du territoire !

La question de l’aménagement du territoire, ou, ce qui est la même chose, de la place de la ruralité dans notre pays est un sujet essentiel.

Vous retrouverez dans le rapport de mes collègues les préoccupations qui ont été exprimées samedi dernier lors du Congrès des Maires à AussillonPour les parlementaires Tarnais, et en particulier pour ma part, cette question est centrale dans notre démarche et notre action.

Il sera important de rappeler régulièrement au Président de la République la place à accorder, à côté de la France des métropoles, à la France de nos territoires La campagne électorale présidentielle a été pour lui un élément évident de réflexion qui l’a conduit à faire siennes nos préoccupations.

C’est un peu la signification que je donne à la volonté qui a été la sienne de tenir sa dernière réunion publique de candidat dans notre département, à Albi.

En substance, mes collègues dressent un constat sans appel et prônent avec force l’élaboration d’une nouvelle doctrine d’aménagement du territoire, clairement plus volontariste, plus ambitieuse et adaptée aux réalités et besoins nouveaux de l’ensemble des territoires.

De l’État « stratège » à l’État « spectateur »…

Mes collègues situent à l’aube des années 90 le début de l’abandon, par l’État, de toute ambition en matière d’aménagement du territoire, domaine devenu le « parent pauvre » des politiques publiques nationales.

Auparavant acteur clé de l’organisation du territoire, le rôle de l’État se limite désormais, dans le meilleur des cas, à celui de « facilitateur » quand il n’est pas simplement spectateur.

… au risque de nourrir le sentiment d’abandon et ses conséquences

Chacun constate depuis plusieurs années à quel point les batailles sont rudes aussi bien pour maintenir les services essentiels et historiques de proximité, que pour bénéficier des nouvelles technologies et des nouveaux moyens de transport.

Le désengagement manifeste de l’État alimente le sentiment d’abandon, répandu parmi les élu(e)s et une proportion importante de citoyens. Ce phénomène n’est pas étranger au fait que de plus en plus de nos concitoyens soient déterminés à s’orienter vers des votes de « rupture ». Même si d’autres raisons peuvent être avancées, nous devons prendre acte du fait que le FN ait été placé en tête au premier tour du scrutin présidentiel de mai 2017 dans plus de 19.000 communes.

26 propositions et une feuille de route pour le Gouvernement

Le rapport vise un retour urgent à une politique volontariste et ambitieuse en matière d’aménagement du territoire, en formulant 26 propositions qui constituent une feuille de route à destination du nouveau Gouvernement.

Le levier de l’aménagement du territoire est déterminant pour nos territoires dans la mesure où il permet d’agir de manière cohérente et simultanée sur les principaux sujets pour lesquels nous nous battons depuis des années  : couverture numérique, maintien des services publics de proximité, déserts médicaux, …

Les propositions du rapport s’articulent autour des 10 priorités suivantes :

  • Rétablir un État stratège, pilote de la politique d’aménagement du territoire
  • Conforter le binôme région-EPCI comme acteur majeur de l’aménagement du territoire, et encourager la contractualisation ainsi que la simplification des normes
  • Lutter contre les inégalités territoriales par des mécanismes financiers plus équitables, transparents et simplifiés
  • Faire de la couverture numérique du territoire et de la lutte contre les déserts médicaux les deux priorités
  • Maintenir une présence réelle et adaptée des services publics sur l’ensemble du territoire
  • Assurer sur l’ensemble du territoire l’existence d’infrastructures de qualité
  • Faire de la transition verte une opportunité pour tous les territoires
  • Favoriser la localisation des activités et des emplois sur l’ensemble du territoire
  • Reconstituer une capacité d’ingénierie au service de l’innovation