Cette question est d’une cruelle actualité.
Soutien déterminé du laboratoire Fabre et son rôle essentiel dans notre département, je m’inquiète des contradictions de notre pays. En apparence tout va bien : l’industrie pharmaceutique française exporte 43% de son chiffre d’affaires forte de ces 40 000 salariés.
Mais c’est en France que le médicament est le moins cher à coup de « régulations », c’est-à-dire de baisse des prix d’office.
D’une part, cela assèche la capacité d’investissement de l’industrie. D’autre part, cela revient à gagner de l’argent sur le seul marché américain au risque de voir celui-ci se fermer à coup de droits de douane ou de quotas au motif que les européens, et les français en particulier, sont les « passagers clandestins » du financement de l’innovation et objectivement ce sont les américains qui la finance avec des prix élevés sur leur marché.
La moitié des médicaments autorisés en Europe ne sont pas proposés aux patients français, peut-être en raison d’un rapport coûts/bénéfices de santé insuffisant mais surtout parce que les laboratoires étrangers préfèrent proposer leurs produits sur d’autres pays.
Je suis un adepte du patriotisme industriel et de la souveraineté en matière de santé.
Cela suppose d’arrêter d’écraser notre industrie par des baisses administratives de prix. Que notre pays ait du mal à financer son modèle social, son modèle de santé est une chose mais nous ne pouvons pas continuer ainsi.
L’étouffement de notre industrie pharmaceutique n’est pas la clé de la modération de nos dépenses de santé. L’effort de réforme est ailleurs.
