Dans le cadre de la mission d’information sur le maillage scolaire de notre pays, j’ai participé à l’audition de la direction de l’évaluation de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Éducation nationale.
Cette direction a une fonction qui ressemble un peu à celle de l’INSEE mais pour l’Éducation nationale et partage avec notre outil statistique national une indépendance dans la production et le traitement des données. J’ai retenu plusieurs éléments de cette audition et des documents qui m’ont été communiqués ensuite.
- Les projections pour le Tarn
La direction évoquée ci-dessus fait des prévisions à 5 ans qui ont des bases très sures puisque les enfants sont déjà nés pour l’essentiel et des projections à 10 ans qui intègrent une marge d’incertitude. Cette direction a travaillé sur la base de trois scénarios avec un taux de fécondité à 1,4 à 1, 5 et à 1,6. Malheureusement ces taux sont loin d’être pessimistes comme j’ai pu vous l’évoquer dans mes newsletters précédentes. Les résultats pour le Tarn sont les suivants : consulter les projections 2025-2035.
2. Les classes multiniveaux
J’ai toujours entendu les DASEN successifs expliquer que les classes multiniveaux n’étaient pas souhaitables pour les enfants. La DEPP m’a au contraire expliqué que les classes multiniveaux avaient plutôt de meilleurs résultats aux évaluations de début d’année. L’explication tiendrait à une homogénéité de la pédagogie sur la scolarité et à des élèves plus autonomes.
En tout cas, je retiens que les classes multiniveaux ne sont pas à proscrire sur le plan strictement pédagogique.
3. Le rural et l’urbain
Là aussi, les résultats des évaluations sont contrintuitives : les enfants ont de meilleurs évaluations aux évaluations dans le rural que dans l’urbain ! Même si la différence n’est pas majeure, elle existe et est surtout très homogène. Pour fiabiliser les évaluations, la DEPP part des niveaux d’IPS c’est-à-dire les indices de niveaux sociologiques et de niveaux de revenus des parents. Ont été écartés les deux extrêmes à savoir les plus faibles niveaux culturels ou de revenus mais aussi les plus forts. Lorsque l’on fait les comparaisons entre le rural et l’urbain, les résultats sont meilleurs dans le rural pour les élèves du rural à tous les niveaux d’IPS, c’est-à-dire quel que soit le niveau culturel des parents ou le niveau de revenu. C’est un enseignement important qui va à l’encontre du sentiment de « déclassement » des zones rurales.
4. Le dédoublement
Ce dédoublement existe dans les écoles dites REP+ mais il existe des écoles dont le niveau d’IPS est plus faible que dans les REP+. Ces écoles dites orphelines mériteraient d’être classées REP+ mais le système est maintenant figé depuis une dizaine d’années. La comparaison entre les résultats des classes dédoublées en REP+ et des enfants se trouvant dans les écoles orphelines donnent là aussi un résultat contrintuitif.
Il y a une amélioration à court terme dans les classes dédoublées mais il n’y a pas d’effet à long terme. Autrement dit, un enfant qui aura bénéficié du dédoublement n’aura pas de meilleur résultat en classe de 6e qu’un enfant qui aura été scolarisé dans une « école orpheline ». Je n’ai pas besoin de vous dire que ce dernier élément perturbe particulièrement l’Éducation nationale.
Celle-ci pense qu’il y a eu un temps d’adaptation et que les classes dédoublées nécessitent de nouvelles méthodes de travail ou de nouvelles méthodes pédagogiques. Autrement dit, l’Éducation nationale espère avoir de meilleures évaluations dans l’avenir de l’effort majeur de notre pays à travers les dédoublements en REP+.
