Peu de sujets sont aussi difficiles ou douloureux que celui de la Nouvelle Caledonie. 38 ans après les accords de Matignon, 28 ans après ceux de Nouméa, indépendantistes et non indépendantistes n’ont toujours pas trouvé le chemin d’un destin commun malgré les tentatives d’accords comme récemment l’accord dit de Bougival entre les six grandes forces politiques du territoire dont l’une a retiré depuis son approbation.
Ceci nous a conduit à déterminer la liste électorale des élections provinciales et à garantir la tenue de ces élections le 28 juin.
Mon intervention en séance explique mon soutien à une extension aux natifs, les citoyens français nés en Nouvelle Calédonie avant 1998 et y résidant depuis 10 ans au moins, mais pas au delà en toute responsabilité.
Pourquoi autant de tension sur un tel sujet ? Parce que le corps électoral a été au cœur des accords de Nouméa et que la liste électorale a été constitutionnalisée par les révisions de 1997 et de 2007 ce qui bloque aujourd’hui toute évolution. Il faut changer la Constitution (article 76) pour faire évoluer la procédure électorale ce qui est le seul cas dans notre pays.
Nous avons tenté de le faire de manière limitative avec les natifs par une loi dite organique ce qui est assez créatif. aller au delà nous conduisait à un chemin inconstitutionnel. Le Conseil Constitutionnel a validé notre évolution limitée.
Il n’est pas toujours facile de faire avancer ensemble l’humain, le politique et les règles de droit.
Les élections provinciales du 28 juin n’ont pas vraiment clarifié la situation. Les non indépendantistes obtiennent 24 sièges, les indépendantistes 26 mais répartis sur 3 listes très divisées et l’éveil océanien (les polynésiens vivant en Nouvelle Calédonie qui assurent notamment tous les métiers du bâtiment) avec 4 sièges confirme son statut de « faiseur de roi ». Pour avoir rencontré les uns et les autres, je suis frappé par la maturité de l’analyse de nos concitoyens polynésiens.
