Le gouvernement vient de présenter la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3 par un décret du 12 février), qui fixe la trajectoire énergétique de la France pour la période 2025‑2035. Derrière ce document très technique révisé tous les 5 ans, il y a deux enjeux politiques majeurs : notre souveraineté énergétique et le pouvoir d’achat des Français, dans un contexte de crise climatique et de tensions géopolitiques.
La PPE3 confirme le rôle central du nucléaire : abandon des fermetures de réacteurs envisagées, lancement de nouveaux EPR2 (6 plus 8 en option), prolongation de la durée de vie du parc existant. À côté de cela, l’effort se concentre sur l’hydroélectricité (l’investissement peut repartir après règlement de notre contentieux avec Bruxelles) et l’éolien en mer, tandis que les ambitions pour le solaire et l’éolien terrestre sont revues à la baisse, au profit de la modernisation des sites existants (le « repowering ») afin de mieux prendre en compte l’acceptabilité locale. Les projets solaires sur nos friches, anciennes décharges ou carrières mais aussi sur les bergeries et autres stabulations resteront possibles. L’agrivoltaïsme reste très limité dans notre département et je ne vois pas d’évolution prévisible des positions de la CDPENAF dont l’avis lie le Préfet (avis conforme).
Le texte rappelle enfin que l’électrification de notre pays n’est pas suffisante si l’on veut progresser dans la décarbonation. La décarbonation est probablement le sujet d’environnement qui fait le plus consensus dans notre pays. Les mesures concernant la transition vers l’électrification de notre société, soit la décarbonation, restent encore à présenter.
Gaz verts, chaleur renouvelable, hydrogène pour l’industrie, biocarburants pour l’aérien et le maritime : la France parie sur un bouquet d’outils, en modernisant en profondeur le réseau électrique et en s’appuyant sur de nouveaux mécanismes financiers pour sécuriser les investissements sans alourdir indéfiniment la dépense publique. Un point particulier de cette PPE3 a été peu repris publiquement. Il a pourtant des conséquences budgétaires, à mon sens, favorables en mettant à la charge des opérateurs du solaire et surtout de l’éolien les conséquences financières de l’intermittence.
La stratégie est saluée par les milieux économiques, mais a fait immédiatement l’objet d’attaques politiques et d’une motion de censure de la part du Rassemblement national largement rejetée.
Ceci étant les résultats de la présidentielle pèseront lourds sur ces choix, l’incertitude principale portant sur notre rythme de décarbonation et par là- même d’électrification. La capacité de nos voisins à produire est aussi un élément qui jouera sur nos volumes d’exportation demain.
