Vers de nouvelles dynamiques de peuplement ?

L’agence d’urbanisme Toulouse aire métropolitaine a publié une nouvelle fiche sur les dynamiques de peuplement autour du bassin toulousain.

Le phénomène de métropolisation en puissance va-t-il se poursuivre ou être ralenti par la généralisation du télétravail qui pourrait pousser certains à repenser leurs modes de vies ?

Toulouse : 173 000 habitants supplémentaires en 10 ans

La spectaculaire croissance démographique de la métropole toulousaine équivaut à :
- 1/3 de la ville de Toulouse,
- l’addition des 7 communes les plus peuplées de la banlieue (Colomiers + Tournefeuille + Muret + Blagnac + Plaisance-du-Touch + Cugnaux + Balma),
- 20 fois la commune de l’Isle-Jourdain.

Cette dynamique d’accueil exprime la très forte pression qui pèse sur l’aire urbaine de Toulouse et génèrent des besoins importants en termes de logements, d’équipements, de services

Le phénomène de métropolisation se confirme aussi pour les aires urbaines de Paris (+ 600 000 habitants entre 2007 et 2017), Lyon (+225 000 habitants), Bordeaux (+150 000 habitants), Nantes (+ 115 000 habitants), Marseille / Aix en Provence (+ 50 000 habitants), Lille (+39 000 habitants), Strasbourg (+36 000 habitants).

Quels facteurs démographiques ?

Ces gains de population importants et répétés s’appuient à la fois sur des excédents naturel et migratoire.

Au sein de l’aire urbaine de Toulouse, toutes les intercommunalités se caractérisent par des excédents naturels et migratoires.

La communauté de communes de la Gascogne toulousaine est celle qui présente le rythme d’accueil le plus élevé : +2,7% par an entre 2012 et 2017 avec une contribution de +0,75% pour le solde naturel et de +1,95% pour le solde migratoire. Suivent la Save-au-Touch (+2,31% par an) et le Sicoval (+2,23% par an).

Le virage du télétravail : coup de frein sur la métropolisation ?

La généralisation du télétravail pendant le confinement va-t-elle pousser certains à repenser leurs modes et lieux de vie ? Pourquoi vivre dans des petites surfaces en ville alors que l’on pourrait télétravailler depuis chez soi à la campagne ? Pourquoi quitter sa région s’il l’on peut obtenir un poste dans une société basée en métropole tout en restant chez soi ?

Cette période inédite de crise sanitaire pourrait inciter certaines personnes à revoir leur choix de vie.

Comme je le lisais dans une newsletter tarnaise, grâce à la généralisation du télétravail, « la ville n’a plus le monopole du talent.« 

Poussées par l’élan du télétravail, certaines entreprises commencent à télérecruter, c’est-à-dire recruter des gens à distance, sans les rencontrer physiquement. 

« Nous avons recruté un Français de 34 ans qui habite en Bretagne, et un Serbe de 37 ans qui habite en Serbie. Le télétravail permet donc d’accéder à des candidats de haut niveau, tout en réduisant les coûts, qui leur permet à eux de vivre où bon leur semble, près de leurs parents, près de la nature, etc. » explique une entreprise du Tarn.

Assurément, si le mouvement s’ancre de manière durable, les territoires ruraux pourraient tirer avantage de cette période inédite en attirant dans leurs communes de nouveaux habitants issus de zones urbaines, en mal de verdure et d’air pur.

Un nouveau remède à la désertification rurale ?